homme coeur

Mon cher Jean, tu es vraiment un homme de cœur !

Je t’ai rencontré une première fois alors que tu venais d’emménager dans notre résidence. Petit homme discret, tu marchais d’un pas traînant, à petit pas, la tête baissée, le dos voûté, sans faire de bruit ; tranquille, silencieux, tout juste si tu nous salues en levant vaguement la tête, sans nous reconnaître d’ailleurs, comme pris par tes pensées...

Quelques jours plus tard, quelle ne fut pas ma surprise lorsque je découvre par l’intermédiaire d’Antoine Costa « Monsieur Jean », le responsable de l’antenne du Secours catholique vençois. Et quelle ne fut pas ta surprise quand tu te rends compte, enfin, que nous nous connaissons, habitant au même endroit, nous étant rencontrés quelques jours plus tôt…

Il y a dans cette rencontre première, tout toi, mon cher Jean. Discret et silencieux, généreux et secret de ton action, homme du don de toi-même au point d’aller au-delà de tes forces physiques, ouvert aux autres, plein de cette profondeur de cœur qui fait les hommes d’exception, donnant de ton temps, de ton énergie, de ta passion des autres, vivant de cette passion et recevant en retour quelques merveilleuses pépites.

Homme pensif, Jean, tu aimes lire, discuter et réfléchir ensemble. Nos échanges sur la religion, le christianisme, le mysticisme, la philosophie, la religion et/ou les religions, la profondeur de tes réflexions, ta lecture de la Bible, ton humour qui cache souvent ta pudeur et ta gentillesse, sont des traits de ta profonde personnalité.

Jean, tu es d’une grande gentillesse, tu as inscrit dans tes gènes le don de toi, toujours prêt à rendre service, même dans les moments les plus difficiles. Tu œuvres au Secours catholique avec générosité et obstination, et tu souffres parfois des décisions qui te sont imposées mais tu ne lâches pas prise : Jean, tu continues ton action auprès de ceux qui en ont le plus besoin.

Mon cher Jean, tu as ton caractère, pas toujours facile, prêt à t’emporter si les choses ne sont pas comme tu le veux, tu es têtu à l’envi, obstiné voire jusqu’au-boutiste, parfois coléreux, jamais méchant.

Jean, tu cherches l’exploit ! N’as-tu pas eu l’idée, un peu farfelue pour ton âge, d’aller tout seul faire le pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle ! Obstiné et imprudent, ce pèlerinage tourna court, car tu es épuisé par des heures et des heures de marche. C’est ton grand regret de n’avoir pu aller jusqu’au bout !

Ta famille est ta raison de vivre, mon cher Jean. Tu l’as chevillée au corps. Il faut voir tes yeux brillés d’un éclat tout particulier quand tu me parles de ton départ pour la Normandie où tes enfants et petits enfants vont te rejoindre. Oui elle compte pour toi, plus que cela, malgré deuil et éloignement de certains dont tu souffres en silence.

La maladie une première fois t’a terrassé au point que mis en cellule d’isolation parce que contagieux, tu eus la grâce de guérir, ton temps n’était pas encore venu.

Cette fois-ci, le temps des soupirs est arrivé. Difficile de vivre ainsi la maladie alors qu’on ne s’y attend pas, du moins de cette façon-là. « Je ne pensais pas finir comme ça » m’as-tu dit alors que sur ton lit tu perdais tes forces lentement et devenais dépendant de tout et de tous. Souffrance, quand tu nous tiens !

Jean tu nous as quitté après une vie bien remplie. Tu es parti vers le Père dans la tranquillité et la sérénité.

Merci Monsieur Jean pour ton amitié.

Jean est décédé le samedi 17 septembre 2016

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