Abbaye de Pontlevoy1Prospectus du collège royal de Pont-Levoy tenu par les Bénédictins de la Congrégration de Saint Maur (15 Juin 1784)

« L’abbaye connaît un renouveau en 1640, RICHELIEU est alors abbé commanditaire et décide d'en faire un Collège Royal Militaire préparatoire et les bénédictins ne vont plus cultiver la terre : Île deviendra Bénédictin de Saint Maur, donc professeurs. L'abbaye redevient à nouveau un collège. Les mauristes vont enseigner aux plus grandes familles de France. Au xviiie siècle, Pontlevoy est rapidement considérée comme l’une des meilleures écoles préparatoires à l’école militaire ». Source : Wikipédia

Source : Archives départementales de Loir-et-Cher, Collège de Pontlevoy, répertoire méthodique des pièces des séries D et F des sous-séries 17 H et 28 J (1644-1827). Répertoire numérique des pièces de la sous-série 28 J (1828-1960), établis par Philippe Pintrand, sous la direction d’Anne-Cécile Tizon-Germe, Directrice des Archives départementales de Loir-et-Cher
Source de l'image : Abbaye de Ponlevoy, Wikipédia

1. Situation & distribution du Collège

Le Collège du Pontlevoy est situé dans une plaine entre la Loire & le Cher au diocèse de Blons à six lieues de cette ville et à douze de ToUrs.

Il est divisé en trois parties. La première est occupée par les élèves de Philosophie, Rhéthorique et Seconde ; la seconde par ceux de Troisième, Quatrième & Cinquième ; la troisième par ceux de Sixième et au-dessous.

Chacune veillée par un Préfet et un Maire de Quartier, à ses classes, ses salles d'étude et de récréation, sa cour et son réfectoire séparés.

2. Pratique de la Religion

Les prières du matin et du soir sont suivies d’une lecture de piété. Les jours ouvriers, on entend un messe basse ; les dimanches & fêtes, la grand’messe, vêpres & complies.

On fait réciter tous les jours en chaque classe une leçon de catéchisme & une de Nouveau Testament. Les dimanches, fêtes & jours de congé les Préfets font en chaque cours des instructions chrétiennes proportionnées à la capacité des élèves.

On veille à ce qu’ils se confessent au moins une fois en six semaines, et on les exhorte à se rendre digne d’approcher souvent de la Sainte Table. Le Supérieur instruit ou fait instruire avec un soin particulier ceux qui paraissent mériter d’être admis à la Première Communion.

3. Sciences & Arts qui s’enseignent

La Philosophie, les Mathématiques, l’Architecture civile & militaire, la Grammaire française, les Langues latine, anglaise et allemande, l’Histoire, la Géographie, le Dessin, le Lavis, l’Écriture, la Musique vocale & instrumentale, la Danse et l’Escrime sont les différents objets de l’Instruction des élèves. Les parents peuvent choisir les exercices qu’ils croient les plus utiles à leurs enfants : ils sont priés de ne pas demander un trop grand nombre à la fois mais de se régler sur la bonne volonté et l’aptitude des sujets.

4. Distribution du temps

On se lève à cinq heures & demie tous les jours de classe depuis le premier Septembre jusqu’au premier Mai ; à six heures seulement les dimanches, fêtes et jours de congé. Du premier Mai au premier Septembre on se lève tous le jours à cinq heures & demie.

On dîne en tout temps à midi, on soupe à sept heures.

La prière du soir se fait à huit heures & demie, on se couche aussitôt après.

Les deux premiers cours ont trois heures de classe et autant d’études particulières pour l’étude du latin, de l’histoire et de la géographie : trois heures tant pour les leçons de mathématiques que pour les différents exercices, & une heure d’étude particulière pour les mathématiques.

« Les hommes ne sont pas encore assez sages. Ils ne savent pas qu'il faut séparer toute espèce de religion de toute espèce de gouvernement; que la religion ne doit pas plus être une affaire d'État que la manière de faire la cuisine ; qu'il doit être permis de prier Dieu à sa mode, comme de manger suivant son goût ; et que, pourvu qu'on soit soumis aux lois, l'estomac et la conscience doivent avoir leur liberté entière. Cela viendra un jour, mais je mourrai avec la douleur de n'avoir pas vu cet heureux temps. »

Voltaire le 19 mars 1765 à son ami Bertrand, Pasteur à Berne.

Aller au haut