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Comparaison entre la Notice de Gence et celle de la Biographie universelle de Michaud.

  • - Notice biographique sur Louis-Claude de Saint-Martin ou le Philosophe Inconnu par Jean-Baptiste-Modeste Gence (1er septembre 1824) Paris, Imprimerie de Migneret, rue du Dragon, n° 29 - 1824.
  • - Biographie universelle ancienne et nouvelle ou histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus et leurs crimes. Rédigé par une société de gens de lettres et de savant, Tome quarantième - A Paris, Chez L. G. Michaud, Libraire-Éditeur. Place des Victoires, n° 3. 1825


Notice biographique sur Louis-Claude de Saint-Martin
ou le Philosophe Inconnu

In eo spiritus veritatis loquebatur,
et non cognoverunt eum

par Jean-Baptiste-Modeste Gence

(1er septembre 1824)
Paris,
Imprimerie de Migneret,rue du Dragon, n° 29
1824

Biographie universelle ancienne et nouvelle
ou histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée
de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits,
leurs actions, leurs talents, leurs vertus et leurs crimes.

Rédigé par une société de gens de lettres et de savant,

Tome quarantième

A Paris, Chez L. G. Michaud, Libraire-Éditeur.
Place des Victoires, n° 3.
1825

Gence_Notice_1824_bnf1

Michaud_T40_1825_LCSM1

Introduction

L’article sur Louis-Claude de Saint-Martin par Jean-Baptiste-Modeste Gence a été publié dans la Biographie universelle ancienne et moderne, de L. G. Michaud, tome XL, pages 19-28, Paris, 1825. Gence, à la lecture de cet article, considère que sa Notice a été « tronquée et défigurée ; [que] la doctrine de l'Auteur travestie, ses motifs dénaturés, ses sentiments calomniés ; enfin, [que] l'on a osé joindre le plagiat à l'outrage ».

Aussi, J.-B.-M. Gence décide de publier la Notice originale à ses frais, chez Migneret. La date du 1er septembre 1824 a sûrement été arrangée de façon à présenter cette Notice comme antérieure à l’article de la Biographie universelle de Michaud et de justifier ainsi le plagiat (1).

Dans la foulée, la Revue encyclopédique rend compte de la Notice de Gence en ces termes (2) :

« 99. — Notice biographique sur Louis-Claude de Saint-Martin, ou le Philosophe inconnu, avec cette épigraphe : In eo spiritus veritatis loquebatur, et non cognoverunt eum. Paris, 1824; in-8° de 28 pages ;

M. (J.-B.-M.) Gence, connu par plusieurs ouvrages, surtout par une nouvelle et excellente traduction de l’Imitation de Jésus-Christ, et par divers articles de la Biographie universelle, se plaint, dans la préface de cette notice, de ce qu’elle a été tronquée et défigurée dans la Biographie universelle. — On sait que M. de Saint-Martin, dont il décrit la vie et indique les ouvrages, né le 18 janvier 1743, à Amboise, et mort le 13 octobre 1803, près Paris, fut un célèbre illuminé, un théosophe, et, comme dit M. Gence, un modeste savant et un spiritualiste si profond, qu’il est souvent impossible de le comprendre. Sa théosophie plus étendue que celle des anciens brahmanes, des bouddhistes, de Socrate, de Platon, des juifs cabalistes, des sophis [sic] on moines musulmans, et des grands alchimistes du XVIe siècle, n’est pas exempte de quiétisme ; elle ressemble beaucoup à celle de Jacob Bœhm, longtemps pâtre, et cordonnier, avant qu’il écrivit ses ouvrages obscurs sur de prétendus secrets rapports entre le ciel et la terre ; elle a aussi des points de contact avec certaines doctrines de Swedenborg, dont il semble pourtant n’avoir pas adopté la nouvelle Jérusalem venue du ciel eu 1757. En un mot, la théorie mystérieuse de M. de Saint-Martin est bâtie sur le théisme et sur la religion chrétienne, à laquelle il ajoutait, comme tous les théosophes, et retranchait ce qu’il jugeait à propos, d’après ce qu’il apprenait ou croyait ap [200] prendre en unissant son âme au principe universel. Martinez Pascalis, autre théosophe, mais docteur théurgique, avait été le premier maître de M. de Saint-Martin ; le second fut Jacob Bœhm dont il traduisit plusieurs ouvrages. De son nom et de celui de Martinez est venu le nom de martinisme, pour désigner la doctrine commune d’illumination et de correspondances qu’ils ont enseignée toute leur vie. (Voy. Histoire des sectes religieuses ; par M. GRÉGOIRE, ancien évêque de Blois, tome Ier, p. 400 et suiv.). Il faut avouer que, dans les livres des théosophes, il y a parfois des développements dignes d’attention et d’intérêt. LANJUINAIS (3) ».

Mais avant 1824, d’autres Notices sur le Philosophe inconnu avaient été publiées :

  • 1804 – Archives littéraires de l’Europe
    Archives littéraires de l’Europe
    ou Mélanges de littérature et d'histoire et de philosophie. « Notice historique sur les principaux ouvrages du Philosophe inconnu et sur leur auteur Louis-Claude de Saint-Martin », par René Tourlet - Tome premier. Pages 319-336 - et Une conversation avec Saint-Martin sur les spectacles, par  Joseph Marie de Gérando] - Pages 337-340. http://books.google.fr/books?id=eL0UAAAAQAAJ. Cette Notice est publiée sur le site du Philosophe inconnu.

 

  • 1807 - Biographie moderne ou dictionnaire biographique
    Tome quatrième. Chez Paul-Jacques Besson, 1807, page 253. http://books.google.fr/books?id=fFhIAAAAMAAJ
    Le Calendrier perpétuel des Cahiers de Saint-Martin (op. cit., p. 18) et R. Amadou dans les Documents martinistes n° 24, p. 45, notent ce même article à la date de 1806.
  • 1807 – Dans les Œuvres posthumes de Saint-Martin
    Dans les Œuvres posthumes, sont publiés des extraits de la Notice « que notre compatriote, Mr Tourlet a publiée dans le moniteur, et qui a été réimprimé depuis dans le mercure, avec quelques notes critiques ». Voir pages xiv-xxx. http://books.google.fr/books?id=_mE7AAAAcAAJ
  • 1808 - Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes
    Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes, Antoine-Alexandre Barbier. Paris.Article sur Saint-Martin, page 368 : http://books.google.fr/books?id=9WgXAAAAYAAJ
  • 1810 – Histoire des sectes religieuses par l’abbé Grégoire (1750-1831)
    Histoire de sectes religieuses: qui sont nées, se sont modifiées, se sont éteintes dans les différentes contrées du globe, depuis le commencement du siècle dernier jusqu'a l'époque actuelle. Paris, Potey, 1810. Chapitre « Illuminés – Martinistes », p. 414-427.  Sur Google livres, ce texte se trouve dans l’édition de 1828, tome II, au chapitre XIX : « Théosophes, boehmistes, martinistes, mesméristes, magnétistes, pages 204 et sq. Le texte sur Saint-Martin se trouve aux pages 217-230. Voir : http://books.google.fr/books?id=fBolZFcbSHgC
  • 1811 - Dictionnaire universel, historique, critique et bibliographique
    Au Tome 15 de ce dictionnaire, Paris, imprimerie Prudhomme, un article sur Saint-Martin, pages 416-418. Voir : http://books.google.fr/books?id=viIPAAAAQAAJ
  • 1815 – Acta Latomorum par Thory
    Au Tome premier, page 223, année 1804, on trouve, à la date du :

« 14 octobre. — Louis-Claude de Saint-Martin, officier au régiment de Foix, meurt dans la maison de campagne du sénateur Lenoir la Roche, à Aunay, près Paris. Ce sectaire était le disciple de Martinès Paschalis : il a laissé, sur la Franche-Maçonnerie, un manuscrit en deux volumes, intitulé l’Écossisme réformé. Ce fut lui qui introduisit dans les Loges, en France, la doctrine du martinisme. M. de Saint-Martin est, comme on le sait, l’auteur d’un grand nombre de livres mystiques, dont le principal parut sous le titre Des Erreurs et de la Vérité. C’est de cet ouvrage dont Voltaire disait, dans une lettre qu’il écrivait à Dalembert [sic], le 22 octobre 1776 : Jamais on n’imprima rien de plus absurde, de plus obscur, de plus fou et de plus sot ».

  • 1820 - Supplément du Dictionnaire historique de Feller
    Supplément au Dictionnaire historique de l’abbé F. X. de Feller formant la suite de la nouvelle édition, revue et corrigée sur la troisième, et augmentée de quatre volumes. Tome quatrième. Paris, chez Méquignon fils aîné. Article Saint-Martin, pages 133-135. http://books.google.fr/books?id=MjYNAAAAIAAJ
  • 1824 - Revue encyclopédique
    Revue encyclopédique ou analyse raisonnée des productions les plus remarquables dans les sciences, les arts industriels, la littérature et les beaux-arts ; par une réunion de membres de l’Institut et d’autres hommes de lettres. Tome XXIV. Paris, au bureau central de la revue encyclopédique, rue d’Enfer Saint Michel, n° 18. Octobre 1824. http://books.google.fr/books?id=a9YFAAAAQAAJ. Voir le texte page 2.
  • 1825 - Biographie nouvelle Arnault
    Biographie nouvelle des contemporains ou dictionnaire historique et raisonné de tous les hommes qui, depuis la révolution française, ont acquis de la célébrité par leurs actions, leurs écrits, leurs erreurs ou leurs crimes, soit en France, soit dans les pays étrangers. Tome dix-huitième. Paris. http://books.google.fr/books?id=_b5fAAAAIAAJ Article Saint-Martin - pages 363-367

Présentation de la Notice

Cette notice comporte 3 parties :

  • Une Préface,
  • Le Corps de la notice
  • Une Analyse bibliographique.

En 1902, Papus a publié dans Louis-Claude de Saint-Martin, sa vie, sa voie théurgique, ses ouvrages, son œuvre, ses disciples, p. 213-226 (Bibliothèque Chacornac), l’Analyse bibliographique.
Papus a toutefois publié le corps de la Notice l'année suivante dans le numéro de février 1903 de la revue L'Initiation.

Une réédition complète de la Notice a été faite par Xavier Cuvelier-Roy en annexe de son livre Sursum Corda, Trois entretiens sur les sciences secrètes, Diffusion rosicrucienne, 2003. ISBN : 9782914226165. 246 pages. Voir sur le site de Xavier Cuvelier-Roy la présentation de ce livre

La Notice a été publiée sur le site du Philosophe Inconnu

Nous mettons ici en parallèle la Notice de Gence (colonne de gauche) et la Notice, telle qu’elle parue dans la Biographie universelle de Michaud en 1825. Nous avons mis en rouge les parties du texte de Gence supprimées dans la Biographie de Michaud et les ajouts faits par Michaud.


Notes

[1] On peut trouver cette Notice sur Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57874577 et/ou sur Google livres : http://books.google.fr/books?id=v9M7AAAAcAAJ

[2] Revue encyclopédique ou analyse raisonnée des productions les plus remarquables dans les sciences, les arts industriels, la littérature et les beaux-arts ; par une réunion de membres de l’Institut et d’autres hommes de lettres. Tome XXIV. Paris, au bureau central de la revue encyclopédique, rue d’Enfer Saint Michel, n° 18. Octobre 1824. http://books.google.fr/books?id=a9YFAAAAQAAJ.

[3] Robert Amadou dans Documents martinistes n° 24, “Deux amis de Saint-Martin : Gence et Gilbert”, note 159, page 83, précise : « Lanjuinais se prénommait Jean-Denis. Il était né à Rennes le 12 mars 1753. Juriste ; Conseiller aux Etats de Bretagne en 1779 ; député du Tiers aux états généraux, Révolutionnaire et gallican, il participa à la rédaction de la constitution civile du clergé. Conventionnel en 1792, président de l'Assemblée en 1795. Sénateur après Brumaire, comte et membre de l'Institut en 1808. Mort pair de France le 13 janvier 1827. Collaborateur du Moniteur, où il prit parti pour Gersen, mais Tourlet lui répliqua en faveur de Gerson (cf. Gence, Biographie littéraire, op.cit., p.26) ».


 


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