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Esquisse généalogique de la famille Balzac

Étude sur Balzac et la pensée saint-martinienne 

Auteur : J.-L. Boutin

Source de l’image : Le père de Balzac : Bernard François Balssa (1746-1829)


I. Esquisse généalogique

    1. Le grand-père : Bernard Balssa

    Bernard Balssa, le grand-père d’Honoré de Balzac, épousa en août 1743, Marie Blanquet qui mourut le 13 juin 1744 sans enfants. Il se remaria le 4 octobre 1745 avec Jeanne Granier qui eut une nombreuse progéniture. Bernard Balssa suivit sa seconde femme à la Nougairié où les Granier étaient installés depuis plus de cinquante ans, en compagnie d’autres Balssa, des Plancade, et des Madern. C’est un petit masage à l’extrémité du village de Canezac, et distant de cinq cents mètres à peine des maisons de la Pradelle. Le ménage y eut en vingt années onze enfants :

    • Bernard-François Balssa (22 juillet 1746-19 juin 1829), père d’Honoré de Balzac.
    • Jean Balssa (5 octobre 1748-11 juillet 1825), brassier au Vergnet, épouse le 4 février 1777 Marie Lacombe de Blanchefort. Le ménage aura sept enfants.
    • François Balssa (21 décembre 1750-30 décembre 1750).
    • Pierre Balssa (9 février 1752-?).
    • Jean-Pierre Balssa (28 mai 1753-16 juillet 1829), marié à Cécile Saulève.
    • Marie Balssa (7 octobre 1755-21 décembre 1832).
    • Charles-Alexis Balssa (9 novembre 1757-29 janvier 1793) eut pour parrain Jean Albar, fils de maître Albar, notaire. Il est ouvrier à la journée.
    • Marthe Balssa (17 octobre 1759-?) épouse, le 8 février 1785, Guillaume Vialleles.
    • Joseph Balssa (19 août 1761-21 avril 1836), forgeron, établit à Montirat, où il gagne une véritable fortune. Il est serrurier en 1816.
    • François Balssa (26 septembre 1763-12 octobre 1818), marié le 15 nivôse an VI avec Marie-Anne Segons. Il eut plusieurs enfants.
    • Louis Baissa (18 février 1766-26 avril 1819) épouse Jeanne-Marie Fricou le 20 thermidor an VII. Veuf. Accusé du meurtre de Cécile Soulié, fille servante, enceinte de six mois, étranglée dans la nuit du 5 au 6 juillet 1818, près de la fontaine de Fexeire, il fut condamné à mort le 14 juin 1819 par les Assises d’Albi, et exécuté le 16 août sur la place du Manège. Une tradition veut qu’il ait été innocent et que, pour des raisons obscures, il ait payé à la place du vrai coupable.

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    2. Le père : Bernard François Balzac(1746-1829)

    Bernard François Balssa ([1]) est né 22 juillet 1746, vers 6 heures du matin de Bernard Balssa laboureur et de Jeanne Granier, au hameau de la Nougayrié commune de Montirat, arrondissement d’Albi, dans le département du Tarn en Languedoc, mais aux frontières du Rouergue dont le sépare la rivière du Viaur. En 1709, Montirat comptait 1400 habitants et en 1790, la population s’élevait à 1785 habitants ([2]).

    Bernard-François Balssa est l’aîné d’une famille de onze enfants. Il quitte son village natal en 1766 après avoir été emprisonné à Lagarde-Viaur (commune de Montirat) pour avoir mis enceinte une jeune fille, Marianne Mouychoux. On le trouve en 1771 à Toulouse et à Montesquieu-Volvestre où il devient le secrétaire du marquis Antoine François Bertrand de Molleville.

    Bernard-François Balssa prend le nom de Balzac à Paris entre 1773 et 1783. Il est protégé sous la Révolution par le conventionnel et général tarnais Jean-Pierre Lacombe-Saint-Michel dont la cousine germaine, Marie-Brigitte Lacombe de Blanchefort, avait épousé en 1777 Jean Balssa (1748-1825), le frère cadet de Bernard-François.

    Bernard-François Balzac devient, sous le Directoire, directeur des vivres de la 22e division militaire, poste basé à Tours. Son ami et protecteur, le préfet d’Indre-et-Loire ,François René Jean de Pommereul, (père de Gilbert de Pommereul) le fait nommer administrateur de l’hospice général de Tours. Bernard-François est également assesseur du juge de paix et, de 1803 à 1808, adjoint au maire de Tours.

    Un drame viendra troubler la vie paisible de cette famille. Le dernier frère de Bernard-François, Louis Balssa (1766-1819), est guillotiné en 1819. Accusé d’avoir assassiné une fille de ferme, et bien qu’innocent (le véritable assassin appartenait à la famille du notaire chez lequel Bernard-François Balssa avait débuté vers 1761 comme clerc), il fut néanmoins exécuté à Albi. Honoré de Balzac ne mentionne jamais cette affaire, mais plus tard, il prendra fait et causes pour un accusé : Sébastien-Benoît Peytel.

    Bernard-François Balzac se marie le 30 janvier 1797 à Paris avec Anne Charlotte Laure Sallambier, née le 22 octobre 1778 à Paris et décédée le 1er août 1854 Les Andelys (27), de Claude Louis Joseph Sallambier (1748-1803), directeur général de la Régie des Hospices de Paris, et de Sophie Marie Barbe Chauvet (marié le 9/11/1777).

    Il meurt à Versailles le 19 juin 1829 et est enterré au Père-Lachaise avec l’épitaphe suivante :

    « Balzac Bernard-François, ancien secrétaire au Conseil du Roi ».

    3. Les enfants de Bernard-François

    • Louis Daniel ([3]), né à Tours le 2 prairial an VI (20 mai 1798) et décédé à un mois le 4 messidor an VI (20 juin 1798).
    • Honoré, né à Tours le 20 mai 1799 (1er prairial an VII) à 11 heures du matin, dans une famille bourgeoise, au 25, rue de l’armée d’Italie, rue principale de Tours ; décédé à Paris le 18 août 1850. Il est Chevalier de la Légion d’Honneur et fondateur et président de la Société des gens de lettres.
    • Laure, née le 29 septembre 1800 (8 vendémiaire an IX) à Tours, mariée le 18 mai 1820 avec Eugène Auguste Louis dit Surville Midy de la Greneraye (1790-1866), ingénieur des ponts et chaussées. Elle est décédée en 1870 ou 1871. Le couple a 3 enfants :
      • Sophie Eugénie Midy de La Greneraye (1823-1877).
      • Valentine Midy de La Greneraye (1826-1828)
      • Jeanne Charlotte Valentine dite Surville Midy de La Greneraye (1830-1897)
    • Laurence, née le 18 avril 1802 à Tours, mariée le 1er septembre 1821 à Saint-Mandé (94) avec Armand Désiré Michaud de Saint-Pierre de Montzaigle (1787-1869). Laurence est décédée le 11 août 1825. Le couple a 2 enfants :
      • Armand Désiré François Alfred Michaud de Saint-Pierre de Montzaigle (1822-1852)
      • Alphonse Ernest Louis Michaud de Saint-Pierre de Montzaigle (1825-1868).
    • Henry, François ([4]), né le 21 octobre 1807 (29 germinal an X) à Tours, dont le père serait Jean de Margonne ([5]). Son parrain est Henry Joseph de Savary (1752-1832). Il part chercher fortune à la Réunion en 1831 et épouse la même année (21 décembre) Marie-Françoise Éléonore Balan, veuve avec un enfant du capitaine de marine marchande Constant Dupont. De retour en France en juin 1834, il retourne à l’île Maurice le 25 décembre 1836. Il est décédé le 11 mars 1858 à l’hôpital militaire de Dzaoudzi (Archipel des Comores). Le couple aura un enfant :
      • Honoré-Henry-Eugène de Balzac né le 25 décembre 1836 aux Andelys. Honoré sera son parrain.

    Notes

    [1] Louis Lumet, « Les Origines d’Honoré de Balzac », Revue de Paris, 15 février 1923, pp. 818-837. Voir également Annie Duprat, La vie prodigieuse de Bernard-François Balssa, Annales historiques de la Révolution française, 323, janvier-mars 2001, article qui rend compte du livre de Jean-Louis Déga, La vie prodigieuse de Bernard-François Balssa (père d’Honoré de Balzac), Rodez, Éditions Subervie, 1998.

    [2] Source : Généalogie d’Honoré de Balzac. Voir également Champfleury, « Le père de Balzac », La Nouvelle revue, 1881, T10, mai-juin, pp. 396-410.

    [3] Voir le site Généanet où l’ensemble de la généalogie de Balzac est consultable librement : http://gw0.geneanet.org/index.php3?b=balzac&lang=fr;p=honore;n=balzac+de

    [4] Voir à ce sujet de Madeleine Fargeaud et Roger Pierrot, « Henry le trop aimé », Année Balzacienne, 1961, pp. 29-66.

    [5] « Jean de Margonne était le gendre du châtelain de Saché, M. de Savary, ancien officier qui s’était fait vigneron et passait pour madré et qui était, en tout cas, fort riche : ayant trois manoirs, deux fermes et dix moulins ». Maurice Bardèche, BalzacBiographie. Paris, Julliard, 1980, p.14. Balzac, dans une lettre à Mme Hanska, affirme : « M. Margonne est le père de Henri », Lettres à Mme Hanska, t. IV, p. 395, 20 juin 1848, cité par Jean-Hervé Donnard, Œuvres complètes, t. IX, p.888.

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