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Dans la série Les précurseurs du spiritisme : Saint-Martin - 11e article

La Vérité - Journal du Spiritisme, paraissant tous les dimanches - Bureaux à Lyon, rue de la Charité, 48 - Troisième année – n° 21 – Dimanche, 16 juillet 1865 - Pages 82 (11° article — Voir le dernier numéro.)

Rappelons qu'il nous manque le 7e article. La Vérité - Journal du Spiritisme

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[1].

« J'ai vu l'universalité des humains n'être occupés qu'à gagner ce qu'ils appellent leur vie ; il m'a paru qu'ils auraient mieux fait d'appeler cela gagner leur mort car ils ne remplissent leur objet qu'avec des choses mortes, et qu'avec des cadavres, et cela tant au moral qu'au physique. [n°335] — Ma destinée a été d'être en guerre avec tous les hommes, puisqu'il y en a si peu qui cherchent la vérité. J'ai été en guerre avec le monde qui ne travaille qu'à affamer l'esprit de l'homme et à le faire tomber en ruine, quand il n'est pas assez fort pour le livrer aux grandes iniquités. J'ai été en guerre avec les philosophes qui ont voulu dégrader la nature de l'homme et la ravaler au rang des bêtes. J'ai été en guerre avec les savants qui ont tellement défiguré la nature, que ce miroir est devenu tout à fait méconnaissable entre leurs mains. J'ai été en guerre avec quelques théologiens qui égaraient l’âme humaine, et la détournaient de ses voies. J'ai taché de m'acquitter de mon devoir autant que j'ai pu dans les diverses circonstances où je me suis trouvé, et je souhaite que mes services en ce genre puissent un jour faire passer l'éponge sur mes écarts et mes infidélités. [n°347] — Il m'est venu en pensée que le don qui m'était fait était de nature à ne pouvoir s'exercer ici-bas, et que ce n'était que dans la région vraie que mon penchant pour la vérité pourrait se faire entendre. Il m'arrive, en outre, depuis quelque temps, de tels développements et de tels aperçus, soit en lumières, soit en consolations, que je suis tenté de les regarder comme des provisions que la providence m'envoie, et des précautions qu'elle me fait prendre pour quelques grandes afflictions et angoisses qui pourraient me venir. Les moments actuels semblent en effet devoir en amener dans plus d'un genre. J'écris ceci à Amboise, le 25 avril 1793. [n°367] — Quand on me demande si je crois aux revenants, je réponds que non, parce que je ne crois point aux s'en allans [sic], attendu que, malgré notre mort terrestre, nos Esprits ne s'en vont réellement point, et que c'est leur affection qui fait toute leur localité. [n°553] — D…, officier au régiment de Bretagne, me qualifia un jour du titre de spiritualiste, par opposition à celui de naturaliste, auquel probablement ses succès dans le magnétisme lui faisaient donner la préférence. Malgré son esprit qui est très aimable, et ses vertus héroïques, il ignore que ce n'est point assez pour moi d'être spiritualiste, et s'il me connaissait, loin de s'en tenir là, il m'appellerait diviniste, car c'est mon vrai nom. [n°576] — J'ai désiré de faire du bien, mais je n'ai pas désiré de faire du bruit, parce que j'ai senti que le bruit ne faisait pas de bien, comme le bien ne faisait pas de bruit. [n°740] — On m'a regardé assez généralement comme un illuminé, sans que le monde sache toutefois ce qu'il devrait entendre par ce mot. Quand on me taxe ainsi, je réponds que cela est vrai ; mais que je suis un illuminé d'une rare espèce, car je peux, quand il me plait, me rendre tellement comme une lanterne sourde, que je serais trente ans auprès de quelqu'un qu'il ne s'apercevrait pas de mon illumination, s'il ne me paraissait pas fait pour qu'on lui en parlât, et combien il s'en trouve peu de ce nombre ! [n°743] — L'autre monde me parait être le véritable hôpital de celui-ci ; c'est ce qui m'a fait penser quelquefois combien il est inutile de chercher à guérir ici-bas ceux qui ne veulent pas se guérir eux-mêmes. [n°753].

A. P.

(La suite au prochain numéro).


1. Toutes ces citations sont extraites de Mon portrait historique et philosophique, qui a été publié dans le tome I des Œuvres posthumes de Mr de St-Martin, Tours, chez Letourmy, 1807. Nous avons mis entre crochets le numéro du paragraphe.

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