Henri MICHAUX (1899-1984) Écrivain – Peintre

« J'écris pour me parcourir. Peindre, composer, écrire : me parcourir. Là est l'aventure d'être en vie ».
Henri Michaux - Passages, Gallimard 1963, p. 142

« Né, élevé, instruit dans un milieu et une culture uniquement du « verbal »[1] je peins pour me déconditionner.
Henri Michaux -  Émergences-Résurgences, Skira,1993 p.9 - 1 - et avant l'époque de l'invasion des images

Ma découverte de Henri Michaux

C’est en 1984 que je rencontre pour la première fois l’œuvre de Henri Michaux. Il venait juste de nous quitter et j’écoute d’une oreille distraite ce que nous dit sur ce peintre-écrivain le journaliste de la radio. Henri Michaux m’est alors complètement inconnu.

Le mercredi suivant, aux alentours de midi, je parcours le marché à la brocante, comme je le fais souvent les mercredis, à la recherche d’un livre, d’un petit meuble ou d’un objet insolite. Ce jour-là, il y a au fond de la place un nouveau venu qui expose sur des tréteaux branlants, de petites pièces. Remarquant un coffre à bijoux, nous faisons la conversation un moment. Mon regard est attiré par l’aspect d’une caisse en bois placée sous la table et dans lequel quelques livres usés traînent. Curieux, je regarde ces livres un peu écornés, poussiéreux. Un paquet tout jaune, attaché par une ficelle retient particulièrement mon attention. Il y a là 5 livres, recouverts d’un vieux papier cellophane et qui semblent en parfait état. Je m’en saisi et oh ! quelle surprise, l’auteur est Henri Michaux.

J’acquiers l’ensemble pour une modique somme, tout heureux de l’aubaine. Il y a là :

  • Ailleurs, Voyage en grande Garabagne, Au pays de la magie, ici Poddema, Gallimard 1948. Et cette note de l’éditeur : « Cet ouvrage groupe trois textes : Voyage en grande Garabagne, Au pays de la magie, Ici Poddema. Le troisième ; inédit en France. Les trois ont été revus et corrigés. »
  • Passages (1937-1963), nouvelle édition revue et augmentée, NRF Le point du Jour, 1950-1963.
  • Un barbare en Asie, Gallimard, 7ème édition, 1945.
  • Plume, précédé de Lointain intérieur, Gallimard, 6ème édition, 1938.
  • Arbres des Tropiques, Gallimard, exemplaire sur héliona n° 87, 1942.

Heureux de cette trouvaille, je m’empresse de feuilleter ces livres. Arbres des Tropiques retient plus facilement mon attention car les dessins à l’encre me plaisent d’emblée. La lecture de Plume également. Puis l’urgence du quotidien reprend le dessus et je mets de côté, pour un temps, ce que je viens de découvrir. La fin de travaux de recherche, des problèmes de santé et une séparation familiale m’ont suffisamment accaparés pendant quelques années !

En septembre 1993, ma mère est hospitalisée à Marseille. Àson âge, 94 ans, il n’y a rien que de normal et je vais souvent la voir le samedi. C’est à cette occasion que je visite l’exposition Henri Michaux, œuvres choisies, 1927-1984 que le Musée Cantini lui consacre.

Surpris au premier abord par cette peinture qui ne correspond à rien de ce que je connais, je me laisse emporter à regarder ces tableaux et parcours l’exposition, étonné, souvent ému. Je sens qu’il se passe quelque chose à l’intérieur de moi que je connais déjà et qui, progressivement, pas à pas, de tableau en tableau, se dévoile de ma conscience profonde.
Et, tout à coup, le choc ! Il y a là, devant moi, devant mes yeux, cette peinture mescalinienne, séparé en deux et dont je n’arrive pas à détacher mes yeux. Je sens couler des larmes sur mes joues. Je suis à l’instant plongé au plus profond de moi, dans mon enfance lorsque, petit, je me tapais la tête contre les murs pour effacer de ma conscience cette impression si étrange d‘une montagne séparée en deux par un gouffre.
Je revoyais après tant d’années, enfin, ce que je décrivais alors et dont tout le monde me disait n’exister point. Fou, j’étais de croire que cela existait enfant, c’est ce que l’on me disait. Un autre que moi, et avec tel talent, avait eu cette vision, qu’importe les circonstances ! je n’étais donc pas fou ! et disparaissait ainsi, après tant et tant d’années, cette peur de la folie, celle des monstres qui me hantaient si fort.

Je suis resté ainsi tout cet après-midi à contempler tableaux, dessins, gouaches, encres de Chine, acryliques laissant l’inspiration me porter vers tel ou tel, ou suivre un moment la visite guidée proposée par le Musée.
En sortant, je n’étais plus le même, un je ne sais quoi s’est inscrit au fond de mon cœur et qui est toujours, présent, là.

Un projet un peu fou

Achetés pour un prix très modeste, je les lis avec curiosité d'abord, intérêt ensuite et je me prends à aimer Un certain Plume ou les dessins d'Arbres des Tropiques.
C'est dix ans plus tard qu'à l'occasion de l'exposition Henri Michaux Œuvres choisies 1927-1984 au Musée Cantini à Marseille, que je rencontre pour la première fois sa peinture. C'est une véritable révélation !
Dès lors, ma passion pour Henri Michaux n'a cessé de s'entretenir à la lecture de ses poèmes, à la contemplation de ses peintures, fonds noirs, encres, acryliques ou dessins mescaliniens...
Puis l'idée d'un site consacré à Henri Michaux prends corps en moi. Sur le Web, s'il existe bien des pages le concernant, il n'y a rien pour le moment qui recense ses œuvres littéraires ou picturales. L'envie de partager ma passion me fait avancer rapidement et en septembre 2002, je franchis le pas et crée un site entièrement consacré à Henri Michaux : www.henri-michaux.net
Malheureusement, je mets la charrue avant les bœufs : au lieu de me renseigner auprès des ayants-droits, des éditeurs, pour avoir les autorisations nécessaires, je crée ce site et je demande, après, les autorisations...
Je ne m'étonne pas trop de recevoir un refus poli des éditions Gallimard pour mettre maquettes des livres, tables des matières, etc. et encore moins des ayants-droits me demandant de faire en sorte que ce site, qui est très personnel, ne puisse pas apparaître comme un site officiel... qui va peut-être voir le jour bientôt.
Le site www.henri-michaux.net disparaît donc au profit de ces quelques pages entièrement consacrées à Henri Michaux sur mon site personnel
Je n'ai aucune autre prétention que de faire partager cette passion pour Henri Michaux, Écrivain Peintre.
Jean-Louis BOUTIN

La généalogie d'Henri Michaux

Tableau réalisé d'après le livre de Jean-Pierre Martin, éditions Gallimard

hm geneal

 D'après : Jean-Pierre MARTIN, Henri MICHAUX, Biographies NRF Gallimard, 2003

Les sites qui parlent d'Henri Michaux

Henri Michaux  Le site de référence d'Henri Michaux

Issu d'une collaboration entre les Archives Michaux et le Centre d'Etudes Poétiques de l'Ecole normale supérieure Lettres et Sciences humaines, ce site est destiné aux chercheurs, écrivains, artistes, mais aussi aux « non professionnels », amateurs ou lecteurs.
Son but est de présenter l'actualité autour du travail de Henri Michaux (expositions, adaptations, publications, colloques, etc.), de centraliser les informations, et de fournir des outils de recherche (bases de données bibliographiques, mise en relation de chercheurs).

=> www.henrimichaux.org

Le site le plus improbable sur Michaux

=> http://henri.michaux.chez-alice.fr/

PLUME, Bulletin de la Société des lecteurs d'Henri Michaux

Association, loi de 1901
Moulin de Montainville, F.78124 Mareil-sur-Mauldre

=> www.maulpoix.net/Plume.html

Sur Henri Michaux et Poteaux d'angle
Le samedi 15 mars 2003, par Chloé Hunzinger

=> www.larevuedesressources.org/article.php3?id_article=109

Le Magazine Littéraire

  • Henri Michaux Poète du secret par Georges Henein - Magazine littéraire n° 21 Septembre 1968
  • Jeux d'enfants par Norge - Magazine littéraire n° 220 Juin 1985
  • Écrire et peindre - Magazine littéraire n°364 Avril 1998

L' intégrale du dossier dans l' édition du Magazine littéraire  HM magazine lit(n°364 avril 1998)

  • Chronologie, par Raymond Bellour et Ysé Tran
  • Qualité d'Henry Michaux, par Jacques-Robert Duron
  • Devant Henri Michaux, par Claudine Chonez
  • Michel Butor : " Le rêve d'une langue universelle ", propos recueillis par Pierre-Marc de Biasi
  • On cherche querelle à Plume, par Michel Luneau
  • Michaux dans la Pléiade, par Jean-Pierre Martin
  • En marge du voyage, par Jean Roudaut
  • Voyage en Grande Garabagne(extraits), par Henri Michaux
  • De quelques mots en sourdine, par Jean-Pierre Martin
  • Autour du pays de la magie, par Maurice Blanchot
  • La traversée des formes, par Jérôme Roger
  • La chenille, la fille et la vanille, par Anne-Elisabeth Halpern
  • Le monde physionomique, par Jean Starobinski
  • La danse neuronale, par Jean-Jacques Lebel
    La perspective du dedans, par Dong Quiang
  • Vient de paraître/ bibliographie, par Raymond Bellour

Wikipédia l'encyclopédie libre et gratuite parle de Henri Michaux

LANG3022 French Eastern Narratives Henri Michaux en Chine

« Les hommes ne sont pas encore assez sages. Ils ne savent pas qu'il faut séparer toute espèce de religion de toute espèce de gouvernement; que la religion ne doit pas plus être une affaire d'État que la manière de faire la cuisine ; qu'il doit être permis de prier Dieu à sa mode, comme de manger suivant son goût ; et que, pourvu qu'on soit soumis aux lois, l'estomac et la conscience doivent avoir leur liberté entière. Cela viendra un jour, mais je mourrai avec la douleur de n'avoir pas vu cet heureux temps. »

Voltaire le 19 mars 1765 à son ami Bertrand, Pasteur à Berne.

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