Poésies par Louis Claude de Saint-Martin, nommé le Philosophe inconnu

Leipsig -  Institut littéraire - 1860 -

Wurzbourg, imprimerie de F. E. Thein

 

Poésies de Louis-Claude de Saint-Martin

Avant-propos

Dans les deux volumes des œuvres posthumes de Saint-Martin se trouvent plusieurs poésies qui sont d'autant moins connues que ces œuvres mêmes ne sont que très peu répandues.

Sans leur accorder le prix d'une production poétique du premier rang, on les estimera néanmoins infiniment sous le rapport de la profondeur des pensées, et l'on peut prétendre à une appréciation universelle, due au grand génie du plus profond penseur des Français.

Nous espérons que les lecteurs applaudiront l'essaie [sic] de la propagation de ces poésies que nous avons fait imprimer séparément. Dans un temps où le [IV] commentaire des œuvres complètes de Saint-Martin a été publié par le plus grand philosophe des Allemands, François de Baader (douzième volume de ses œuvres complètes), ces vers seront, sans nul doute, imprimés bien à propos pour les admirateurs de ces deux hommes distingués.

Puissent-ils faire connaître à beaucoup de savants les œuvres pleines de génie de ces deux philosophes doués d'une si grande pénétration d'esprit. Nous comptons faire plaisir en même temps aux lecteurs en leur communiquant sur la feuille suivante deux poésies, faites en honneur de Saint-Martin, et qui se trouvent dans le premier volume des œuvres posthumes de cet homme célèbre.

WURZBOURG, le 14 Mai 1860.

V. & J.

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ÉLÉGIE [V]

O trop cruelle mort, tu viens nous enlever
Saint-Martin, ce savant dans la théosophie;
Il combattit l'erreur et sut se préserver
De ces systèmes vains de la philosophie.
Tendre ami, charitable, et chrétien vertueux,
Par ses profonds écrits, surtout par son exemple,
Il a voulu prouver que l'homme n'est heureux,
Si Dieu n'est dans son cœur, comme dans son vrai temple,
Prié, remercié de ces dons éternels ....


Et si cet homme enfin ne voit de biens réels,
Parmi les maux affreux dont notre terre abonde,
Que dans l'amour divin, dans ce puissant secours;
Lui-seul peut sauver de ce déluge immonde,
Jusqu'à ce qu'il atteigne aux immortels séjours.

Ces douces vérités méritent notre hommage:
Imitons, s'il se peut, les vertus de ce sage,
Qu'avec tant de sujet nous pleurons aujourd'hui,
Calamité pour nous, c'est le bonheur pour lui;
Du bien qu'il nous a fait il reçoit la couronne:
Ce Dieu qu'il aima tant, c'est lui qui la lui donne.

<hrdata-mce-alt="Acrostiche" class="system-pagebreak" title="Acrostiche" />

ACROSTICHE [VI]

Sa profonde sagesse excitera les hommes
A suivre les sentiers de l'aimable vertu.
Il se plut à prouver dans exil où nous sommes,
Notre haute origine ... et tant qu'il a vécu,
Terrassa les erreurs de la philosophie.

 

Maître doux et modeste, il consacra ses soins
A ranimer pour Dieu le zèle des humains.
Respectons sa mémoire en imitant sa vie.
Tes œuvres, ô grand homme ! en ces jours ignorés,
Illustreront ton nom et feront mieux connaître
Notre religion et ses livres sacrés.

L. G. G.

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